Cet entrepreneur a appris à déléguer… et ça lui réussit !

Après des années d’un parcours classique, comme cadre dirigeant dans l’industrie, Nicolas Chanclou quitte le groupe Siemens pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Souhaitant se rapprocher de sa famille et se lancer dans une activité mêlant à la fois l’artisanat et la technologie, il reprend en 2016 une menuiserie artisanale spécialisée depuis une cinquantaine d’années dans la restauration des édifices du patrimoine local. «Ce type de changement de vie demande pas mal d’énergie», sourit le nouvel entrepreneur. Il apporte avec lui une façon de manager qui tranche dans l’univers traditionnel de cette petite boîte. «Ma vision du management, ça a toujours été de mettre l’humain au centre et de valoriser les talents et les équipes», confie-t-il.

Une de ses premières décisions est d’œuvrer pour l’amélioration de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Pour cela, il instaure de la flexibilité avec des horaires variables le matin et le soir. Il mise également sur l’esprit d’équipe, «l’excellence dans la réalisation de nos ouvrages est ce qui nous anime», dit-il. Enfin son leitmotiv est l’ouverture : «Nous sommes ouverts à l’accueil et à la différence.»

L’Art du bois qui compte aujourd’hui quinze salariés investit dans la formation et la transmission. «Nous accueillons des jeunes pour les accompagner dans leur parcours d’intégration et d’apprentissage.» Et la mixité pour cette PME n’est pas un vain mot, elle compte 40% de femmes, même sur les métiers techniques, et accueille un collaborateur en situation de handicap.

Pour développer la culture d’entreprise, et valoriser le travail d’excellence de ses salariés, Nicolas Chanclou décide aussi d’organiser des visites de l’atelier et des chantiers pour les familles des collaborateurs. Comme, par exemple, une découverte du Parlement de Bretagne, à la restauration duquel ses compagnons ont travaillé. «C’est une véritable fierté pour des anciens, qui sont là depuis plus de trente ans, de montrer leur travail». La découverte des métiers des uns et des autres est aussi favorisée pour mieux se comprendre et favoriser l’esprit d’équipe.

Et lui-même donne l’exemple. «J’ai toujours réussi à faire une vraie coupure. Même si, dans l’artisanat, on est davantage en prise avec le quotidien, avec des projets à court terme qui permettent moins d’anticiper, il faut veiller à ne pas se laisser absorber», explique ce dirigeant qui donne comme règle de ne pas dépasser certains horaires pour les coups de fil. Afin de ne pas toujours être sur le pont, il a fait entrer au capital un chargé d’affaires, son bras droit, s’appliquant à lui-même le principe de la délégation. «Il ne faut pas être seul et en prise sur tous les sujets.»

Preuve de l’adhésion des salariés : en mai dernier, L’Art du bois a été distinguée par le trophée régional Quali’vie – Artisan de la qualité de vie au travail, remis par l’Union des entreprises de proximité (U2P) en Bretagne. Une candidature qui a été initiée par les salariés, qui ont souhaité valoriser le travail mené au sein de l’entreprise.

Les créations d’emploi faiblissent mais résistent au ralentissement européen

Les créations d’emploi ont ralenti au second trimestre en France, progressant moins vite qu’au premier, mais elles restent néanmoins sur une tendance de long terme positive dans un environnement économique européen difficile.

D’avril à juin, le secteur privé a enregistré 45.800 créations nettes de postes, soit une hausse de 0,2%, après +0,4% au trimestre précédent, selon l’estimation définitive de l’Insee. Ces créations sont deux fois plus faibles que celles du premier trimestre, qui étaient particulièrement élevées avec 100.400 emplois.

Sur un an, l’emploi privé s’est cependant accru de plus de 250.000 postes (+1,1%).

“Ce qui compte c’est la tendance sur le long terme. Chaque trimestre, on crée des emplois. Depuis deux ans on a créé un demi-million d’emplois. On est bien dans une dynamique”, a réagi la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur RTL.

Au total, l’emploi salarié compte 19,6 millions de postes et augmente de manière continue depuis le 2e trimestre 2015.

“Ce n’est pas une confirmation de l’accélération du premier trimestre mais ce n’est pas non plus une mauvaise nouvelle. On est sur la tendance moyenne favorable qu’on connaît depuis 2016”, a commenté à l’AFP Yannick L’Horty, professeur d’économie à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée.

“Eu égard au modeste niveau de croissance (+0,3% au deuxième trimestre), ce rythme reste satisfaisant et illustre l’enrichissement de la croissance français en emplois”, juge-t-il.

Même sentiment de Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.

“Cela ralentit, mais pas tant que ça vu l’environnement européen franchement préoccupant. On n’a pas de rupture contrairement à l’Allemagne ou au Royaume-Uni”, estime-t-il.

Face au ralentissement de l’activité au sein de la zone euro (+0,2% au deuxième trimestre, avec -0,1% en Allemagne), l’économie française fait de la résistance, portée par une demande intérieure supérieure à celle de ses voisins. Et le gouvernement table toujours sur une croissance de 1,4% en 2019.

– “On en a encore sous le pied” –

Par secteur, les effectifs restent stables dans l’industrie (+1.400 après +7.900 au 1er trimestre) et les créations ralentissent dans la construction (6.400 après +17.400).

Ce sont toujours les services marchands qui tirent l’essentiel de l’emploi, avec une hausse de 33.900, même si elle est deux fois plus faible qu’au premier trimestre et si l’intérim est en léger recul (- 1.700). L’hébergement et la restauration restent les plus dynamiques (+1,1%), ainsi que les activités informatiques, selon des données publiées mardi par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss).

Plus surprenant, l’emploi connaît une légère accélération dans la fonction publique (+10.500).

“Globalement, La situation reste robuste, y compris dans l’industrie, et traduit la perception par les chefs d’entreprise d’un environnement moins fragile que nos voisins”, selon M. Waechter.

Pour M. L’Horty, ce chiffre de créations d’emploi présente aussi “une évolution cohérente” avec la diminution, lente mais continue, du chômage.

Mme Pénicaud estime même “qu’on en a encore sous le pied, car une entreprise sur deux dit qu’elle n’arrive pas à recruter”. Elle compte sur la mise en oeuvre de la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage pour rapprocher les compétences des besoins des entreprises.

Au second trimestre, le taux de chômage a diminué de 8,7 à 8,5% selon les normes du Bureau international du travail (BIT). Il a retrouvé son niveau de début 2009 et reculé de 0,6 point sur un an.

Interrogée dimanche sur l’objectif du gouvernement d’un taux de chômage à 7% en 2022, Mme Pénicaud avait estimé que “cet ordre de grandeur est possible s’il n’y a pas de changement macroéconomique, géopolitique mondial qui abîmerait la croissance”, faisant référence au risque de “guerre commerciale” et en particulier aux tensions entre les États-Unis et la Chine.

Philosophie, mécénat de compétences… ces 4 entreprises ont adopté un management durable

Fini l’autoritarisme, la verticalité, le contrôle des horaires, la rétention d’informations. En entreprise, la carotte et le bâton n’ont plus la cote. De plus en plus de managers misent sur la bienveillance pour motiver et réengager leurs équipes. Leurs maîtres mots ? Positivisme, confiance, écoute, souplesse, coconstruction, sens, transparence, reconnaissance et droit à l’erreur… L’équipementier automobile Favi est l’un des pionniers français de ce nouveau management. Dans les années 1980, son patron, Jean-François Zobrist, aujourd’hui retraité, supprime l’organisation pyramidale : les ouvriers s’autogèrent par groupes, élisent leurs leaders, fixent leurs objectifs, organisent eux-mêmes la production et l’évaluation collective. Une aventure qui a inspiré une autre entreprise avant-gardiste, Chrono Flex : «libérée» en 2009, elle a multiplié par quatre son chiffre d’affaires à la suite de cette révolution managériale. De fait, un travailleur heureux est plus performant, assurent les études. Voici 4 entreprises qui en ont fait leur credo.

UpCycly fait du team building en recyclant les bureaux

Adieu les meubles sans âme et de mauvaise facture. La palette est le nouvel incontournable du mobilier de bureau ! C’est le credo de l’entreprise UpCycly, qui propose des ateliers de team building autour de la construction collective de meubles à partir de palettes en bois usagées : tables communes, bancs, panneaux végétaux, espaces de réunion, gradins, coins détente, lampes… Cette jeune pousse emploie une dizaine de salariés et compte parmi ses clients La Ruche qui dit oui !, l’école Epitech, Suez ou encore la Ville de Paris. «Ce mobilier a une histoire, estime l’ex-informaticien Wassim Chelfi, fondateur d’UpCycly en 2013. Il est construit en équipe, s’inscrit dans une démarche de recyclage qui permet d’armer les valeurs de l’entreprise, et peut par exemple aider à l’appropriation des espaces en cas de déménagement.»

Spoon embauche un philosophe pour donner du sens au boulot

A l’entrée de l’incubateur de start-up du Centquatre, dans le 19e arrondissement de Paris, trône une créature un peu spéciale : Spoon, dont la particularité est d’interagir avec les émotions des humains et d’apprendre de la communication avec eux. Face aux enjeux posés par l’intelligence artificielle, le fondateur de la jeune pousse qui a créé ce robot, Jérôme Monceaux, a décidé très tôt d’engager… un philosophe. Embauché en convention industrielle de formation par la recherche (Cifre), Julien De Sanctis a pour mission d’«interroger» : «De quelles valeurs et de quel modèle sociétal veut-on que le robot soit le reflet ? Que peut apporter à la société un robot social ? Je dois également formuler des recommandations pour que ces idées se retrouvent dans le produit, mais aussi dans le management», résume le jeune homme. Sa tâche est tout à la fois de définir les valeurs de la société, de réfléchir aux questions éthiques posées par l’intelligence artificielle et d’organiser des «midis philo» pour ses collègues. En clair, de donner du sens au travail mené chez Spoon.

Cette demande sociétale est en augmentation, notamment chez les jeunes cadres. «Les gens ne veulent plus de bullshit jobs, ils demandent un management plus horizontal et du dialogue. Parallèlement, la société civile questionne les entreprises sur la conception de leurs produits ou services. Les organisations doivent se réinventer, et les philosophes peuvent les y aider», assure Jean Mathy, philosophe d’entreprise et cofondateur du cabinet de conseil Noetic Bees. Dans la Silicon Valley, on s’inspire des leçons du bouddhisme et du stoïcisme. En France, Hermès, la SNCF ou Suez font également appel à des philosophes. Une démarche qui n’a un sens – et donc ne produit des résultats – que si l’entreprise accepte de jouer le jeu et d’être remise en question. Pas si simple, pour une grande partie d’entre elles, malgré la bonne volonté affichée.

Fly The Nest confie ses RH à ses salariés

Applique à toi-même ce que tu préconises aux autres, telle est la devise de Fly The Nest. Créé en 2016, ce cabinet de conseil en organisation, auquel La Poste, Decathlon ou la SNCF ont fait appel, se veut un «laboratoire» du management positif. L’équipe y est scindée en deux groupes dont les thèmes de travail évoluent au gré des besoins. Tous les six mois, les objectifs sont définis et les résultats évalués par l’ensemble des collaborateurs. «Le pouvoir de décision n’est pas lié à un statut, mais à une expertise. Les bonnes décisions sont prises par ceux qui font», résume Erwann Rozier, cofondateur, qui souligne que chaque groupe a la main sur «ses recrutements, ses objectifs, et même son compte en banque».

Une philosophie de la confiance qu’un de ses clients, le spécialiste des produits reconditionnés Back Market, a en partie adoptée. «Décisions sur les objectifs à atteindre, chiffres de l’entreprise, recrutements et négociations commerciales en cours, éventuels problèmes… Je donne aux collaborateurs les cartes pour qu’ils puissent fonctionner sans moi car, à mesure que nous grandissons, c’est de plus en plus nécessaire», explique Quentin Le Brouster, cofondateur de cette start-up à la croissance explosive. Fly The Nest va encore plus loin : chacun y fixe, par exemple, son niveau de salaire ! Le but : motiver les employés et insuffler un sentiment de justice. Risqué ? «Jusqu’à présent, ça va ! se félicite Erwann Rozier. Bien sûr, pour que ça marche, nous sommes totalement transparents sur notre situation financière.» Une grille de salaires indicatifs a aussi été établie, et chacun doit justifier sa demande s’il souhaite sortir des cases. Certes, ce mode d’organisation exige parfois plus d’efforts. La liberté et l’égalité de parole peuvent engendrer des débats complexes. «Mais, conclut Erwann Rozier, pour avancer, il faut faire émerger les tensions et les traiter.»

Vendredi démocratise le mécénat de compétences

Autorisé par la loi depuis 2003, le mécénat de compétences répond à de nombreux enjeux de ressources humaines : attraction des talents, cohésion interne, quête de sens, motivation, transition douce vers la retraite. Mais il n’est guère utilisé, car peu connu et compliqué à mettre en place. En 2015, Félix de Monts, diplômé de SciencesPo, lance donc Vendredi pour faciliter la relation entre sociétés et associations. «Nous aidons les entreprises à définir ce qu’elles proposent et à qui, à repérer les associations cohérentes avec leur ADN, et nous accompagnons ensuite les collaborateurs volontaires, détaille le jeune homme. Du côté des associations, l’enjeu est d’identifier leurs besoins et les bons profils pour y répondre.»

Au passage, l’entreprise bénéficie d’une défiscalisation, tandis que son salarié donne de son temps de travail à un projet social. «Ce n’est pas facile de s’adapter à un nouvel environnement professionnel, mais c’est très enthousiasmant et je me sens utile. En plus, cela me permet d’effectuer une transition plus douce entre le salariat et la retraite», se réjouit Jean-Paul, architecte pour le groupe ADP, qui termine sa carrière par du mécénat au sein de l’association Solidarités nouvelles pour le logement. Depuis la création de Vendredi, 350 salariés ont été engagés dans des missions de mécénat de compétences, ce qui représente plus de 40.000 heures de travail pour 150 projets à impact social, estime l’entreprise. Cette dernière compte parmi ses clients Air liquide, Kantar ou encore Mazars. D’autres plateformes, comme Koeo ou MicroDon, proposent également ce type de services. Jean-Paul, lui, a encore un an et demi de mécénat de compétences devant lui, pour son plus grand bonheur.

Aigle Azur annule tous ses vols à partir de vendredi soir selon un document interne

La compagnie aérienne française Aigle Azur, spécialiste des destinations vers l’Algérie et placée en redressement judiciaire, a annoncé l’annulation de tous ses vols à partir de vendredi soir, dans un document interne auquel l’AFP a eu accès jeudi.

“La situation financière de la société et les difficultés opérationnelles en résultant ne permettent pas d’assurer les vols au-delà du 6 septembre au soir”, précise ce document.

La lettre adressée aux salariés de la compagnie indique également que “la recherche de repreneurs se poursuit activement. Elle continue durant l’arrêt des vols” et les “offres de reprise peuvent être déposées jusqu’au lundi 9 septembre à midi”, alors qu’un comité d’entreprise se tiendra le même jour.

La suspension des vols est présentée dans ce courrier comme une “alternative regrettable qui met ses clients, ses équipes et ses partenaires dans la plus grande difficulté” mais à laquelle “Aigle Azur est contrainte de recourir”.

Plus tôt jeudi, la compagnie avait déjà suspendu ses liaisons vers le Mali, le Brésil et le Portugal, après avoir dû annuler mercredi un vol Paris Orly-Bamako et un autre Alger-Toulouse mardi.

Aigle Azur compte 1.150 employés, dont 350 en Algérie. La compagnie dispose d’une flotte de 11 avions et a transporté 1,88 million de passagers en 2018, année pendant laquelle elle a réalisé un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros.

Vivre intensément, c’est bien, mais avec modération

Et vous, avez-vous une « morning routine » ? L’expression fait fureur sur les réseaux sociaux professionnels, chacun y allant de son emploi du temps surchargé dès 6 heures du matin. Méditation, sport, petit déjeuner de compétition, lecture, réseautage, vie de famille : c’est à qui remplira au mieux le moindre temps mort avant d’arriver au boulot. Et, au bureau aussi, il ne faudrait pas avoir l’air de perdre le rythme.

Bosser jusqu’à point d’heure passe pour la marque de ceux qui réussissent en vivant leur job à fond. D’ailleurs, si leur boîte ne les récompense pas d’une belle carrière, ils plaquent tout pour se lancer dans d’autres projets à la hauteur de leur énergie… au risque de faire un burn-out. Pour le philosophe Tristan Garcia, cette recherche effrénée d’intensité – valeur cardinale de l’homme contemporain – ne peut mener qu’à l’épuisement. Nous en serions d’ailleurs à demi conscients, comme en témoigne l’aspiration parallèle de notre société au ralentissement, voire à la décroissance.

Manager survolté

Dans La Vie intense (Autrement, 2016), le penseur explique que, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, vivre sans remous pouvait passer pour un idéal : la stabilité et la juste mesure constituaient un horizon moral. La découverte de l’intensité – symbolisée par la domestication de l’électricité – a bouleversé ce paradigme. Elle est devenue une idée centrale, et même existentielle, chez le libertin électrisé par le plaisir comme chez le manager survolté ou les rockers d’AC/DC.

Cette « obsession moderne » mène pourtant à une impasse : si sauter à l’élastique est grisant la première fois, le centième saut ne provoque plus la même sensation. Nous avons alors tendance à vouloir renforcer nos expériences ou à en ajouter de nouvelles pour retrouver le niveau d’excitation premier. Tôt ou tard, il faut pourtant bien choisir entre accepter une part d’ennui, de routine, de banalité… et sauter sans élastique. Pour Tristan Garcia, nous ne reviendrons certes pas aux anciennes sagesses ou à l’amour de l’immuable, mais un nouvel horizon moral, encore mystérieux, est en train d’émerger.

Faut-il dire à un collègue qu’il fait trop de bruit ?

Oui, dites le !

Le travail en open space s’est généralisé avec son lot de stress. Il impose donc que chacun respecte un code de bonne conduite : mettre en vibreur son smartphone, utiliser les espaces de confidentialité pour les appels prolongés ou personnels et… parler sans élever la voix. Pas question de laisser les gêneurs polluer l’atmosphère. Après, tout est une question de forme. On pourra rappeler amicalement à son collègue les règles communément admises.

Souligner, sans le stigmatiser, voire en louant son dynamisme, que l’on rencontre des difficultés à se concentrer quand il parle trop fort ou tape trop énergiquement sur son clavier. Il faudra juste choisir un moment de calme pour le dire. D’ailleurs, ce sera peut-être l’occasion pour lui d’avouer que vos petites manies l’agacent aussi…

Non, mais trouvez une alternative

Deux tiers des salariés ne possèdent pas de bureau individuel et doivent donc cohabiter des heures durant avec leurs collègues : autant dire qu’il leur faut faire preuve d’un peu de tolérance. Par ailleurs, certaines activités impliquent de nombreux contacts téléphoniques : impossible de leur demander de s’isoler à chaque fois qu’ils contactent un prospect. Ajoutons que le bruit, s’il est l’expression d’une bonne humeur, est toujours préférable au sinistre clapotis des claviers.

Plutôt que de stigmatiser un collègue – on ne parle pas ici des personnes présentant de vrais troubles de comportement –, mieux vaut interpeller les instances représentatives du personnel pour demander une meilleure isolation phonique ou une organisation de l’espace mieux adaptée.

Hôtel à l’heure, jet de luxe à la demande, fast-food asiatique… 3 start up à suivre

Clair Group : le petit poucet de l’aviation privée

Après avoir obtenu son brevet de pilote, mais échoué lors d’un recrutement chez Air France, Charles Clair décide de créer sa propre école pour pilotes, sur l’aérodrome de Toussus-le-Noble près de Versailles. En 2004, il lance ainsi Air & Compagnie, rebaptisée depuis Astonfly. Aujourd’hui, il revendique la place de première école de pilotage de France et forme 200 pilotes par an, des amateurs mais aussi les futurs commandants de bord d’Easyjet. Mais cela n’est pas suffisant pour cet entrepreneur passionné d’aviation : il a depuis lancé d’autres sociétés, constituant un véritable groupe aéronautique complet. Il possède ainsi Astonjet, une compagnie d’aviation d’affaires, Astontec spécialiste de la maintenance et Astonsky, société d’assistance au sol.

Cette dernière vient de racheter une des aérogares du Bourget, l’aéroport d’affaires situé au nord de Paris. Un gigantesque ensemble incluant bureaux, hangars, parkings à avion et un terminal flambant neuf pour accueillir les voyageurs dans un cadre très haut de gamme. Il propose à la fois des vols opérés par sa propre compagnie, Astonjet et héberge d’autres opérateurs voulant offrir un cadre luxueux à leurs voyageurs.

Street BKK : le McDo asiatique ?

Le concept est né alors que Norman Kolton était encore étudiant à l’Essec : une chaîne de fast-food asiatique, inspirée de la cuisine de rue Thaïlandaise, pays où vit le père de Norman. Le premier voit le jour en septembre 2015, dans le quartier du canal Saint-Martin à Paris. A la carte, des saveurs marquées et une cuisine 100% fait maison. En 2017, il ouvre une deuxième adresse, à Bastille, proposant des spécialités de grillades puis une troisième, où il met à l’honneur le canard laqué. Pour s’assurer d’une cuisine de qualité, il ouvre également un laboratoire central en banlieue.

Avec une déco mêlant néons et graff pour une ambiance «nerd et punk» selon le créateur des lieux, et des menus à moins de 15 euros, les restaurants servent en moyenne 350 couverts chacun par jour. La société, qui emploie 55 salariés, réalise déjà 3,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 20% via Deliveroo. Une ouverture est prévue cette année et six autres d’ici deux ans, avant d’attaquer la province et l’étranger. Pour assurer ce développement, le jeune chef d’entreprise de 29 ans, vient de lever 6,7 millions d’euros, notamment auprès du fonds Rives Croissance (filiale de la Banque Populaire) et de recruter un chef exécutif, le philippin Jeff Claudio pour continuer à explorer de nouvelles recettes.

Minutup : transformer les hôtels en espaces de coworking

Longtemps, le «day use», le fait de louer une chambre d’hôtel en journée, était réservé aux couples adultères… Mais ces dernières années, les usages et les habitudes changent. Ainsi, Minutup ambitionne de transformer l’hôtel en lieu de vie, espace de travail et de rencontres. L’idée est simple : proposer de réserver une chambre en payant à l’heure, mais aussi toute une palette de service comme l’accès à la salle de sport ou spa, une salle de réunion, un espace de petit déjeuner… Sa cible ? Le startuppeur n’ayant pas encore de locaux et qui a besoin d’un espace de travail confortable et équipé, ou le voyageur en transit désireux de se reposer quelques heures ou de faire du sport.

«Je vis à Toulouse. L’année dernière, après avoir couru le marathon de Paris, j’ai dû rentrer chez moi en train, sans passer par la case douche. Une rapide toilette dans un hôtel près de la gare aurait été la bienvenue», raconte ainsi Fabien Moreau, cofondateur de minutup. Les tarifs sont jusqu’à 75% inférieurs à ceux de la nuitée et la réservation se fait en quelques clics, sur un site très bien pensé. Après Paris, Nantes et Toulouse, la start-up proposera prochainement ses services à Bordeaux, Marseille, Lyon et Nice.

Salon SME – 30 septembre et 1er octobre 2019 – Palais des Congrès – Paris

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“Ma fierté ? Nous avons conçu et installé une partie de ligne de montage du moteur d’avion LEAP® pour Safran”

“Ici, nous optimisons votre supply chain”, est-il affiché en gros caractères sur le mur de l’entrepôt, sous le logo de l’entreprise, en région parisienne. Cet engagement solennel fait aujourd’hui le bonheur de géants de l’industrie aéronautique et automobile (respectivement 40% et 20% du chiffre d’affaires) à l’instar de Safran, Airbus, Valeo ou encore Renault, mais aussi de ceux des secteurs des cartes à puces et de la domotique, comme Gemalto et Somfy. “Notre activité première est le négoce technique, ce que j’appelle “la vente des innovations des autres”, plaisante Jean-Marie Jestin. Mais depuis dix ans environ, grâce notamment à l’intégration d’un bureau d’études, nous fabriquons – et vendons – également nos propres matériels”.

Créée en 1962 par Jean Jestin, Supratec a donc bâti sa renommée sur le commerce de composants industriels, ”une spécialisation novatrice à l’époque”, avant de se diversifier sous l’impulsion de son fils. Ingénieur agronome de formation, Jean-Marie Jestin n’imaginait pourtant pas reprendre l’affaire en 1989. “J’ai fait ma thèse à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et travaillé douze ans dans la recherche académique, puis dans un centre de recherche de la Générale des eaux, raconte-t-il. J’avais une carrière toute tracée, mais quand mon père m’a proposé de lui succéder sous peine de revendre la société, j’ai accepté, pour lui et parce que j’avais là une occasion incroyable de changer de vie.”

À deux doigts de devenir une ETI

En trente ans, le dirigeant désormais âgé de 65 ans a développé l’activité “en opérant quelques bons recrutements, dit-il avec humour, et en écoutant nos clients avec une extrême attention afin de satisfaire, voire devancer leurs attentes”. Sa fierté ? “Nous avons conçu et installé de très belles lignes de montage en France et à l’étranger, parmi lesquelles celle – en partie – du moteur LEAP®, le moteur d’avion le plus vendu dans le monde, pour CFM International, filiale de Safran.” Supratec, c’est aussi une formidable expertise dans les solutions de collage et de nettoyage industriels, le marquage technique ou encore la fabrication de véhicules à guidage automatique et de manipulateurs ergonomiques hypersophistiqués.

À tel point que l’entreprise qui participe au programme “Accélérateur PME” de Bpifrance, qui accompagne les PME souhaitant devenir une ETI, a atteint une taille critique et se trouve de fait à la croisée des chemins. “Pour l’heure toutefois, nous restons concentrés sur nos objectifs, à savoir l’amélioration de notre capacité de réponse aux besoins de nos clients et la valorisation de nos savoir-faire, d’une part, et l’augmentation du chiffre d’affaires à l’export, avec l’ambition de passer de 20 à 50% dans les années à venir, d’autre part.”

Que faire si mon patron me refuse le télétravail ?

Le télétravail est plébiscité par les salariés français. 29% d’entre eux disaient y avoir recours en 2018, contre 25% en 2017, soit près d’un travailleur sur trois, d’après un sondage réalisé il y a quelques mois par Malakoff Médéric Humanis. Mais sa pratique est encadrée, tient à rappeler François Vacarro, avocat en droit du travail. «Il peut être mis en place dans le cadre d’un accord collectif ou d’une charte élaborée par l’employeur (article L1122-9 du Code du travail). Sans accord ou charte, c’est l’employeur et le salarié intéressé qui formalisent eux-mêmes leur accord, comme ils le souhaitent», explique-t-il. Mais l’employeur peut très bien s’opposer au travail à distance d’un salarié éligible, auquel cas il doit motiver sa réponse.

Quelles sont les solutions de recours dans ce cas ? «Il faut être stratège. Vous pouvez expliquer qu’avoir un bureau à la maison vous permettra de travailler une heure de plus chaque jour», recommande François Chauvin, coach et consultant RH au sein du cabinet Forces vives. L’argument du bruit et des conditions de travail qui nuisent à votre productivité — open space, par exemple – pèsera aussi dans la décision.

Vous pouvez aussi jouer sur la corde «deux poids, deux mesures», au cas où un salarié placé à un poste équivalent avait vu sa demande acceptée. «On pourrait même imaginer que cela aille aux prud’hommes, puisqu’il s’agit d’une vraie discrimination, mais il n’y a pas de jurisprudence en la matière», note maître Vacarro. Et si, malgré tous vos efforts, votre chef ne daigne toujours pas vous accorder le télétravail, «vous pouvez toujours aller directement discuter avec votre N + 2 ou votre service RH», conseille François Chauvin. «Si c’est une affaire d’accord collectif, faire appel aux délégués syndicaux ou aux membres du comité social et économique (fusion des instances représentatives du personnel) peut être judicieux», complète l’avocat.

Voici comment la finance tente de se responsabiliser

Management  : Pouvez-vous nous expliquer en préambule ce qu’est la finance à impact positif ?

Eric Coisne : Selon la définition du Global Impact Investing Network (GIIN), la finance à impact positif recouvre tout investissement dont l’intention est de générer un impact social et environnemental positif et mesurable, au-delà d’un retour financier. Elle est estimée, dans le dernier rapport d’avril 2019 du GIIN, à quelque 500 milliards de dollars dans le monde. Et elle va certainement monter en puissance quand on évalue à plusieurs trillions de dollars par an le besoin en capitaux pour réaliser les 17 objectifs de développement durable définis par l’ONU à l’horizon 2030.

Aux côtés des Etats, des ONG ou des fondations privées, la finance se mobilise ainsi pour faire face à des enjeux d’une urgence vitale, tels que l’épuisement de la terre ou les migrations, et dont la prise de conscience est très récente. Comme l’avait souligné le philosophe Michel Serres, il ne s’agit pas d’une crise mais d’un changement de monde. La finance à impact n’est pas un effet de mode mais un mouvement de fond.

Qu’est-ce que les banques, les fonds d’investissement ou les sociétés de gestion ont à gagner à miser sur l’économie positive ?

Les investisseurs agissent à la fois par peur et par conviction. D’un côté, il existe une menace de dérèglement du système entier. Prenez les catastrophes climatiques à répétition. Les assureurs n’auront à terme plus la capacité de couvrir ces risques. Si bien que pour la première fois, en juin dernier, 477 investisseurs pesant la moitié des capitaux de la planète ont réclamé aux gouvernements du G20 réunis au Japon de s’aligner sur les objectifs de l’accord de Paris. Une mobilisation inédite !

Dans un environnement d’incertitude où il est par exemple question de faire payer aux pollueurs leurs «externalités négatives», on se met à douter des résultats futurs des entreprises et à craindre une dépréciation des actifs. Dans le même temps, le monde de la finance parie sur la création de valeur des entreprises qui respectent l’ensemble de leurs parties prenantes, internes et externes, salariés, clients, fournisseurs, riverains, pouvoirs publics, etc. Il semblerait que ces entreprises surperforment. Et c’est très encourageant.

Dans ce contexte, comment est né Raise Impact en janvier dernier ?

Les germes de Raise Impact étaient plantés dès l’origine du groupe, fondé il y a cinq ans par Clara Gaymard et Gonzague de Blignières, convaincus qu’une économie est plus performante si elle est bienveillante. Pour réconcilier l’investissement et l’intérêt général, cet ovni du monde de la finance s’appuie sur un montage novateur. En effet, les équipes des quatre sociétés d’investissement de Raise reversent 50% de leur intéressement à Raise Sherpas, un fonds de dotation dédié à l’entrepreneuriat. Celui-ci est aujourd’hui l’une des plus grosses fondations privées pour l’entrepreneuriat en France.

L’entité Raise Impact est née d’une rencontre avec les dirigeants de la Fondation de France désireux de jouer un rôle en faveur d’une économie responsable, non plus seulement à travers des dons mais avec des investissements. Cette démarche venant d’une structure philanthropique privée est extrêmement innovante. On espère qu’elle va en inspirer d’autres. La Fondation de France nous a ainsi confié un fonds de 100 millions d’euros baptisé France 2i avec une double mission : sélectionner des projets en fonction de leur capacité à produire un changement systémique de notre société, et assurer un rendement équitable du capital. Autrement dit, nous visons la pérennité de l’entreprise avec un impact fort, mesurable et durable.

De quelle façon sélectionnez-vous les projets ?

Notre premier critère : «impact first» ! Notre originalité, c’est d’investir entre 35 et 40% de notre portefeuille dans des fonds à impact ou des fonds RSE, soutenant des secteurs tels que l’énergie propre, l’éolien et le solaire, ou encore l’agroforesterie. Cela nous permet d’aller sur des territoires éloignés de la France en partageant les risques et les expertises dans des tours de table où la présence d’institutionnels et des fonds abondés par le public rassure. Les 60% restants sont investis directement dans des entreprises. Nous ciblons une petite poche de start-up innovantes mais nous visons principalement les PME-ETI à mission qui associent la recherche de performance économique et de profit à une finalité d’intérêt collectif, comme dernièrement une belle entreprise normande dont la raison d’être est d’éradiquer la malnutrition en Afrique.

Au-delà de ces pionniers, nous visons aussi le vivier des entreprises qui s’engagent dans une transformation en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de leur activité. Chacun des 150 dossiers reçus depuis notre création il y a six mois est d’abord filtré par notre équipe avec un prisme radical : de quelle façon cette entreprise participe-t-elle au changement ? Modifie-t-elle la manière dont on construit, dont on nourrit, dont on se déplace, dont on cultive ou encore dont on échange ?

Passé cet écrémage, nous soumettons notre analyse à un comité d’impact, puis nous examinons de façon plus classique la solidité de l’entreprise. Les dirigeants que nous soutenons s’engagent sur des critères extra-financiers mesurés de façon précise à partir d’outils développés chez Raise Impact. La rémunération des investisseurs et des managers est également corrélée sur ces objectifs d’impact.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres fonds d’impact ?

Nous sommes les seuls à avoir une stratégie différenciée : fonds et entreprises en direct, et parmi elles, celles à mission et celles en transformation. Nous engageons et nous accompagnons l’entreprise dans l’évaluation de sa trajectoire de changement. Nous voulons contribuer à installer une finance durable et démontrer qu’elle est créatrice de valeur pour tous. D’ailleurs, nous ne demandons qu’une chose, c’est d’être copiés !

Nous sommes bien souvent aussi co-financeurs avec des tickets de 500000 euros à 6 millions d’euros et nous tenons à être le poil à gratter à impact des co-investisseurs qui n’ont pas encore cet objectif comme boussole. J’observe que dans les tours de table, il nous arrive de rallier à nos exigences des financiers qui ne sont pas à impact. Nous nous en réjouissons parce que chaque pas compte pour la préservation des générations futures et de la planète.

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